La traduction comme 'transformission'

Transferts linguistiques, matériels et culturels
en France et en Angleterre (c. 1470-1660)
Linguistic, material, and cultural translation
in England and France (c. 1470-1660)

Early Modern 'Transformissions'

Résumés / Abstracts

Université de Montréal

Montréal, Canada

July 5-7, 2017 / 5-7 juillet 2017

Nabila Chaib (Université de Montréal): ‘Manipulation idéologique dans la première traduction française de la Description de l’Afrique de Hassan El Wazzan / Jean-Léon l’Africain (1556)’

 

En 1526, Jean-Léon l’Africain achève à Rome la rédaction en italien du manuscrit du Libro della Cosmographia Dell’Africa, œuvre majeure considérée à la Renaissance comme l’une des principales sources de connaissance du continent africain en Europe. En 1550, un savant vénitien, Jean-Baptiste Ramusio, publie le texte italien de Jean-Léon dans un recueil de récits de voyages. L’édition, intitulée Descrizione dell’Africa (Description de l’Afrique), diffère significativement du manuscrit original. Cette version a servi de texte de départ aux nombreuses traductions qui ont suivi. La première traduction française, datant de 1556, est réalisée par Jean Temporal, éditeur et imprimeur lyonnais. Le ton dépréciatif et péjoratif de la traduction en fait l’une des premières œuvres orientalistes. Le texte de Temporal, appuyé par un paratexte conséquent, participe à l’établissement d’un discours européen sur l’Africain. Cette représentation de l’Autre servait de base à la projection de la puissance occidentale en Afrique.

 

In Rome in 1526, Hassan Al-Wazzan / Ioannes Leo Africanus completed the writing of the Libro della Cosmographia Dell’Africa, a major work of the Renaissance which was seen in Europe as one of the main sources of knowledge about the African continent. In 1550, a Venetian scholar named Giovanni Batista Ramusio published an Italian version of Leo’s work in a collection of travel narratives. This edition entitled Descrizione dell’Africa (Description of Africa), however, differs considerably from Leo’s original manuscript. This version has served as the source text for many of the translations that followed. The first French translation was by Jean Temporal in 1556, a publisher and printer based in Lyon. The depreciative and pejorative tone of Temporal translation makes it one of the first Orientalist works. The text of Temporal, supported by a important paratext, participates in establishing a European discourse on the African. This representation of the Other served as a basis for the projection of Western power in Africa

 

Geneviève Mathieu (Université du Québec à Montréal): ‘L’Oikonomikos de Xénophon traduit par La Boétie et son impact sur l’éducation des sentiments dans la Servitude volontaire (1525-1571)’

L’éducation des sentiments comme préalable à la gestion du domaine privé dans l’Oikonomikos de Xénophon explique peut-être ses nombreuses traductions, éditions et citations au xvie siècle, depuis le grec jusqu’au moyen français, en passant par le latin. Parmi les versions recensées de ce dialogue socratique, La Mesnagerie traduite par La Boétie semble supérieure pour des raisons méconnues. Serait-ce parce qu’il s’agit d’une traduction commentée? Cette communication examinera le rôle que s’était donné Montaigne en faisant imprimer La Mesnagerie (Paris, 1571) et la stratégie éditoriale qu’il avait adoptée (imprimeur, préface, découpages et manchettes). Puis, on verra comment La Boétie étoffe l’expression des sentiments de l’édition aldine grecque (Venise, 1525) et annote la traduction latine de Strébée (Bâle, 1551). Notre hypothèse est que l’éducation sentimentale de Xénophon refait surface dans la Servitude volontaire (ca. 1548-1554) de La Boétie comme un « connais-toi toi-même », transformant alors le traducteur en auteur.

The importance in Xenophon’s Oikonomikos of sentimental education, as a precursor to the management of the private domain, may explain that the treatise underwent so many translations, editions and references from Greek to Middle French, often through Latin, in the 16th century. La Boétie’s translation, La Mesnagerie, seems to dominate other identified versions of this Socratic dialogue, although for reasons that remain to be explained. Could it be because it is an annotated translation? In this paper, we will examine the role played by Montaigne in having La Mesnagerie printed (Paris, 1571), and the editorial strategies he employed (choice of printer, preface, structure, marginalia). We will then see how La Boétie builds on the expression of sentiments in the Aldine Greek edition (Venice, 1525) and annotates the Latin translation of Strébée (Basel, 1551). Our hypothesis is that Xenophon’s treatment of sentimental education resurfaces in La Boétie’s Servitude Volontaire (c. 1548-1554) as a ‘know thyself’ that transforms the translator into an author

 

Marie-France Guénette (Université de Montréal): ‘Agents of ‘transformission’ at the English Court of Queen Henrietta Maria’.

 

In the context of the English court of Henrietta Maria (1625-1642), the translating agents, that is, the translators, printers and patrons of political, religious and literary networks affiliated with the court, worked to adapt, import and transform texts for political and cultural reasons. The Queen herself played a central role as patron and agent of Anglo-French cultural relations, and many translators dedicated their works to her for this reason. In this presentation, I will show in what ways these translating agents acted as agents of ‘transformission’. I will address patronage, literary production and text circulation around the English court of Henrietta Maria. I will select translations using digital catalogues and will study the paratext of translations that were dedicated to the Queen in order to reconstruct the active network of ‘transformission’ agents around the court.

 

Dans le contexte de la cour anglaise de la reine Henriette-Marie (1625-1642), les agents traduisants, c’est-à-dire les traducteurs, imprimeurs et mécènes, des réseaux politiques, religieux et littéraires affiliés à la cour, travaillaient à adapter, importer et transformer des textes pour des motifs politiques et culturels. La reine jouait un rôle central comme mécène et agent des relations culturelles anglo-françaises, et de nombreux traducteurs lui dédicaçaient des textes pour cette raison. Je montrerai en quoi les agents traduisants étaient en fait des agents de ‘transformission’. Je m’intéresserai au mécénat, à la production littéraire et à la circulation des textes autour de la cour anglaise d’Henriette Marie. Je ciblerai des traductions au moyen des catalogues numériques, et j’étudierai le paratexte des traductions dédicacées à la reine en vue de reconstruire le réseau d’agents de ‘transformission’ actifs autour de la cour.

 

John Nassichuk (University of Western Ontario): ‘Le chantier épique d’Hugues Salel : la construction de la première version métrique de l’Iliade en français’.

Cette communication examinera le statut des épithètes homériques dans la version partielle (chants 1 à 10) de l’Iliade qu’Hugues Salel fit paraître à Paris en 1545. Cette traduction en décasyllabes françaises parut sept ans après la première publication en France de la célèbre version latine ad verbum d’Andreas Divus, à une époque où le traducteur entreprenant dispose de plusieurs versions latines concurrentes ou parallèles (Lorenzo Valla, Eobanus Hessus, bientôt Giphanius…). Cette étude prendra en compte les résultats de notre analyse comparative de Valla et Divus. Il s’agira surtout d’évaluer le traitement chez Salel des formules récurrentes dans lesquelles la critique homérique a perçu l’un des traits distinctifs de la composition poétique orale de l’Antiquité. Le temps permettant, nous considérerons également les variantes éventuelles des éditions plus tardives.

 

This paper will examine the status of Homeric epithets in the partial version (songs 1 to 10) of the Iliad that Hugues Salel published in Paris in 1545. This translation in French decasyllables appeared seven years after the first publication in France of the famous ad verbum Latin version by Andreas Divus, at a time when the translator could engage with several competing or parallel Latin versions (Lorenzo Valla, Eobanus Hessus, and soon Giphanius…). This study will present the results of our comparative analysis of Valla and Divus. We will mainly evaluate how Salel treated some recurrent phrases traditionally perceived in Homer criticsm as particularly distinctive of Ancient oral poetic composition. Time permitting, we will also consider the variants in later editions.

Gabriela Schmidt (LMU Munich): ‘Cicero Among the Martyrs: A Reassessment of the First Edition of Nicholas Grimald’s Book of Duties (1556)’.

Nicholas Grimald’s translation of Cicero’s De Officiis has long been revered as the standard version of one of the most popular Tudor school texts, as well as one of the first contributions towards a theory of translation in English. In this paper I would like to reassess the work’s cultural impact and political agenda through a close examination of its paratexts within the immediate publishing context at the office of Richard Tottell in 1556 (in particular Tottel’s publication of works by and about Thomas More and Grimald’s contributions to the volume later known as Tottel’s Miscellany). As I shall demonstrate, Tottell’s strategy in publishing Grimald’s Thre bokes of duties at this particular juncture was both to reclaim Cicero’s authority for the Marian programme of Catholic restoration and to invest this programme with the humanist credentials of influential early Tudor educational reformers.

La traduction du De Officiis de Cicéron par Nicholas Grimald est depuis longtemps considérée comme l’un des textes les plus populaires de répertoire des Tudor, et aussi comme une des premières contributions à la théorie de la traduction en langue anglaise. Dans cette présentation, nous réévaluerons les enjeux culturels et politiques de ce texte en offrant une analyse détaillée des paratextes de l’édition de Richard Tottell de 1556. Nous la replacerons en particulier dans le cadre d’autres productions de l’atelier de Tottel à ce moment : œuvres de Thomas More, écrits sur ce dernier, contributions de Grimald au volume qui sera plus tard connu sous le nom de Tottel’s Miscellany. Nous montrerons que, dans ce contexte bien particulier, les stratégies éditoriales de Tottel en publiant les Thre bokes of duties de Grimald visent à récupérer, d’une part, l’autorité de Cicéron, et d’autre part, celle des réformateurs humanistes de l’éducation, pour valider le programme de restauration de la foi catholique sous le règne de Mary.

Sabrina Vervacke (Université Laval): ‘Portraits d’Ovide et des Métamorphoses dans les Ovides Moralisés (XIVe-XVIe siècles)’.

De l’Ovide moralisé en vers (1316-1325) au Grand Olympe (1532), on constate que les liminaires des traductions françaises des Métamorphoses traitent abondamment de la méthode d’interprétation déployée sur les quinze livres du long poème latin. Les propos tenus sur Ovide et sur son « grand œuvre » sont moins connus. Pourtant, les arguments de ce discours sont tout aussi essentiels à la légitimation du choix de traduction et de la méthode d’interprétation. Il faut donc prouver qu’il est « licite » de porter son attention sur les Métamorphoses et leur auteur quitte à fabriquer de toutes pièces un Ovide dont la pensée et l’œuvre sont en adéquation avec le monde chrétien. C’est à un examen de sept ensembles d’argumentaires datant du début du XIVe siècle et jusqu’à la fin de la Renaissance (la dernière édition du Grand Olympe est réalisée en 1574) que nous consacrerons notre intervention.

It is well known that French translations of the Metamorphoses, from the verse Ovide moralisé volumes (1316-1325) to the Grand Olympe (1532), offer abundant paratextual discussions of the interpretive methods to be used when reading the fifteen books of the Latin poem. The discourse on Ovid himself and his "grand oeuvre" is less often studied. Yet the arguments in this discourse are just as essential to liminal justifications of translation choices and interpretative methods. It is therefore necessary and legitimate, we will argue, to reconstruct the figure of Ovid that is fashioned through these French Metamorphoses, even if the exercise requires inventing an Ovid whose mentality and work abide by the Christian world. Our presentation will focus on seven sets of arguments typically developed from the beginning of the 14th century to the end of the 16th century (the last edition of the Grand Olympe was published in 1574).

 

Guyda Armstrong (University of Manchester): ‘Travelling Tales: The First English Translation of Boccaccio’s Decameron’.

The translated book-object, as a historically-situated “container” of the text, carries its transmission (and transformation) history within itself, capturing multiple trajectories, temporalities, and voices in its embedded narrative, editorial, and paratextual frames. This paper will use the 1620 anonymous English print translation of Boccaccio’s Decameron as a case study through which to problematize these richly layered histories of remediation, reading this book object as an exemplary product of early modern translation and print culture, and as a highly complex—and explicitly designed—site of intercultural exchange between Italian, French, and English literary cultures of the sixteenth and seventeenth centuries. A wider consideration of its place in time and subsequent afterlife in multiple media ecosystems will then be given, suggesting that the history of a translation is as much a question of material genealogies and technological affordances as more traditional textual and interlinguistic considerations.

L’objet-livre traduit, considéré comme ‘contenant’ historiquement situé du texte, porte en lui sa transmission (et sa transformation) historique, révélant une multiplicité de trajectoires, de temporalités et de voix auctoriales à travers ses cadres narratifs, éditoriaux et paratextuels. Cette présentation se penche sur une étude de cas, celle de la traduction anonyme imprimée du Décaméron de Boccace (1620), qui problématise ces histoires de  re-médiations multiples. Hautement révélateur de la culture de la traduction et de l’imprimé dans la première modernité, l’objet-livre se donne ici à lire comme le site extrêmement complexe (et explicitement construit) d’échanges interculturels entre les cultures littéraires italienne, française, et anglaise des seizième et dix-septième siècles. En replaçant cette oeuvre dans son contexte immédiat, et en retraçant sa réception dans différents écosystèmes de transmission et transmédiation, nous montrerons l’importance, en histoire de la traduction, de se pencher sur les questions de la généalogie matérielle des textes et des modalités technologiques de leur production, autant que sur les considérations linguistiques et textuelles traditionnelles.

Alessandra Petrina (Università degli Studi di Padova): ‘Marginal Reactions: Responses to Translations of Machiavelli in Early Modern English Marginalia’.

In this paper, I shall join the ongoing debate over whether the early modern book as a physical site of sharing acquired special importance by examining a very special group of texts: the manuscript and printed translations of Machiavelli’s Principe circulating in England. Although appearing in print in English in only1640, it had long been known thanks to copies in Italian, French and Latin and a significant dissemination of English manuscript translations. The resulting text was fluctuating and flexible, one with which readers established a close relationship; admired and hated, it was made into a locus of discussion and intervention. Comments, marginalia, extracts and marks populate its pages, sometimes condemning the cynicism of Machiavelli’s political proposal, but more often questioning the text as a repository of historical exempla or political maxims, while the marginalia in the translations show the latter were used as aids in learning Italian.

Joshua Reid (East Tennessee State University): ‘Serious Play: Sir John Harington’s Material-Textual Errancy in Orlando Furioso in English Heroical Verse (1591)’.

Sir John Harington’s Orlando Furioso in English Heroical Verse (1591) is a significant example of material-textual Englishing: under the direction of Harington, his book’s emblematic title page, copperplate engravings, typography, mise-en-page, and commentary apparatus are all transmutations of the preeminent Italian editions of the 16th century, most notably Francesco de Franceschi’s lavish 1584 edition. Most fascinatingly, Harington cannily deploys his bibliographic code in metatextual and metavisual ways to call attention to how the material-textual manipulates the reader’s experience. This paper will trace how Harington, in an act of early post-modern deconstruction, playfully dismantles the edifying structures of pragmatic Humanism in the same way that romance dissolves epic.

 

 

Randall McLeod (University of Toronto): ‘Why Critical Editions Suck: (Early) Modern Re-mediations of Montaigne and Ariosto’.

This paper presents a critique of the eclectic Oxford edition of John Harington’s translation of Ariosto’s Orlando Furioso by Robert McNulty (Oxford University Press, 1972). The 1591 first edition of Harington’s translation survives in over 50 copies, which complexly differ from one another on the basis of paper-stocks, stop-press changes to type, and pen-and-ink alterations to the diction, spelling, and punctuation of the presentation copies, as well as decorations and supplementary text added by hand to some copies by the translator—about all of which the editor seems to have been largely unaware. McNulty strove to reproduce the diction of the second edition, but in the spellings of the first, not realizing that the supposed second-edition revisions are sometimes merely early press-variant states of the first, uncritically carried over into the second. (Evidently, printer’s copy for the second edition was an annotated copy of the first.)

Brent Nelson (University of Saskatchewan): ‘Translating the Cabinet of Curiosities in Early Modern England’.

 

The traditional meanings of “to translate” (to convey something from one place to another, to change an object’s form or appearance, and to turn from one language into another) were at play in the early modern acquisition and exchange of rare and curious objects, both natural and artificial, acquired around the globe and transmitted through pan-European networks. Many sparked interest because they underwent some sort of material transformation (eg. a nautilus shell turned into an ornate vessel). The cabinet of curiosities itself was an attempt to ‘translate’ into a complex visual language the representation of a rapidly expanding and changing world of experience. As such, it constituted a new domain of translation. Similarly new is the “translation” of this cultural expression of curiosity into the form of a digital archive, the Digital Ark, which is leveraging technologies to activate all senses of translation in this early modern phenomenon.

Les sens traditionnels du verbe to translate (déplacer quelque chose d’une place à une autre, changer la forme ou l’apparence d’un objet, et de traduire d’une langue à une autre) étaient employés dans la première modernité anglaise lors de l’acquisition et l’échange d’objets rares et étranges, naturels et artificiels, obtenus de toutes parts du monde et transmis par des réseaux paneuropéens. Bon nombre d’entre eux attiraient l’attention parce qu’ils faisaient l’objet d’une transformation matérielle (p. ex., une coquille de nautile devenait un réceptacle orné). Le cabinet des curiosités même était une tentative de ‘traduire’ vers un langage visuel complexe la représentation d’une expérience du monde en pleine expansion. Il constituait ainsi un nouveau domaine de traduction. Il en est de même pour la ‘traduction’ de l’expression culturelle de curiosité en archives numériques, la Digital Ark (arche numérique), qui tire profit de technologies pour activer tous les sens de la transposition de ce phénomène dans la première modernité anglaise.

 

William Bowen (University of Toronto, Scarborough): ‘Italian Madrigals Englished: Music, Early Modern Translation, and a Turn to the Digital’.

In late sixteenth-century London, printed anthologies of Italian madrigals fed an established taste for Italian culture by marrying Italian music to English renditions of the original texts. This well-known moment in musical history, which led famously to the rise of the English madrigal, offers rich opportunities to explore early modern “transformission.” The proposed paper begins by introducing this transalpine movement with particular attention to translation in the context of a musical genre. Employing this particular “transformission” as a point of reference, the presentation steps back to interrogate current and emerging digital resources and tools that support or promise more for the study of early modern translation.

Vers la fin du 16e siècle à Londres, les anthologies imprimées de madrigaux italiens alimentent le goût établi pour la culture italienne en mariant la musique italienne aux paroles traduites en anglais. Ce moment, célèbre de l’histoire de la musique pour avoir mené à l’essor des madrigaux anglais, constitue une belle occasion d’explorer une forme de ‘transformission’ de la première modernité. Nous présenterons d’abord le mouvement transalpin de la forme musicale en nous intéressant à la traduction du genre musical. Puis, en nous appuyant sur cette ‘transformission’, nous ouvrirons la perspective pour examiner les ressources numériques actuelles et émergentes, ainsi que les outils favorables à l’étude des traductions de la première modernité, ou ouvrant une voie prometteuse dans ce champ en pleine expansion.

Raymond Siemens (University of Victoria): ‘Transformission, the Social Edition, and the Devonshire Manuscript (BL Add Ms 17492)’.

 

This paper considers the nature of editorial methodological experimentation at the site of ‘transformission,’ exploring the scholarly edition in the context of new and emerging social media. It draws on editorial theory that embraces open community involvement and crowdsourcing, and their use in making an edition of the Devonshire MS (BL MS Add. 17492). This was a verse miscellany composed between the 1530s and early 1540s and constitutes the first sustained example of men and women writing together in the English literary tradition. The edition was made by a research team using crowdsourcing technologies and operating in conjunction with an advisory group representing key methodological and area expertise. See http://en.wikibooks.org/wiki/The_Devonshire_Manuscript for this edition’s Wikimedia publication, also published in fixed electronic format (PDF) via Iter Academic Press and, in print, in partnership with Medieval and Renaissance Texts and Studies.            

 

Micheline White (Carleton University): ‘Catherine Brandon, Translation, and Religious Activism’.

Jaime Goodrich (Wayne State University): ‘Fashioning the English Poor Clare: Transformation, Transmission, and Franciscan Translation, 1618-1640’.

Patricia Demers (University of Alberta): ‘Cross-Channel Comets: Fame and Neglect’.

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2:00-3:45       Voyages outre-Manche : la traversée des livres, des nouvelles et des idées

Cross-channel exchanges: books, news, ideas

Présidence / Chair: Patricia Demers (University of Alberta)

Carrefour des arts et des sciences, Pavillon Lionel-Groulx C3061

 

Joseph Black (University of Massachusetts, Amherst): ‘French Books in the Private Libraries of Renaissance England (PLRE) Project’.

Sara Barker (University of Leeds): ‘Translating Tempests and Tremblements: Natural Disasters, News, and the Nation in early modern England and France’.

Line Cottegnies (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle): ‘‘That famous Wit and Cavaleer of France’: Cyrano de Bergerac Translated in the 1650s’.

 

4:00-5:00       Table ronde : La traduction au carrefour des disciplines : histoire du livre, histoire culturelle et au-delà

Round Table: Translation at the crossroads: book studies, cultural history, and beyond

Présidence / Chair: Warren Boutcher (Queen Mary University of London)

Carrefour des arts et des sciences, Pavillon Lionel-Groulx C3061

Marie-Alice Belle (Université de Montréal); Warren Boutcher (Queen Mary University of London); Brenda Hosington (Université de Montréal/University of Warwick).

 

5:15-7:00       Réception / Reception

Carrefour des arts et des sciences, Pavillon Lionel-Groulx C2081